Nouvel Air et la gestion des eaux
« L’idée que les excrétas sont des déchets sans utilité est un malentendu moderne. C’est la racine des problèmes de pollution qui résultent de l’approche conventionnelle de l’assainissement, particulièrement le tout à l’égout. »
Département des Ressources Naturelles et de l’Environnement, Stockholm, Suède

Système de phytoépuration
Une révolution en marche
World Health Organization (WHO) et United Nations Educational Scientific and Cultural Organization (UNESCO) reconnaissent, au travers plusieurs rapports, les modèles de gestion de l’assainissement de l’eau dans le monde comme dépassés. L’utilisation des toilettes à eau, la construction de systèmes d’assainissement centralisés et l’approche purement technique sont en partie responsables de la dégradation de la qualité des eaux de surface.
C’est donc de vastes modifications du rapport de nos sociétés quant à la gestion de l’eau que propose d’anticiper le projet Nouvel Air, en concevant une filière d’assainissement intégrée à un territoire, véritable solution holistique, intégrant toutes les dimensions du « durable », de la santé et des aspects socio-techniques aux management des ressources naturelles, de l’agriculture aux aspects institutionnels, micro et macro-économiques.
Toilettes sèches

toilettes sèches
La mise en place de toilettes sèches est un des pré-requis à la filière d’assainissement souhaitée par Nouvel Air. L’utilisation de tels systèmes de toilettes permet d’éviter que soit dilué dans l’eau et disséminés une très grande quantité de polluants (polluants organiques, bactéries, virus, micropolluants…). Les excrétas sont collectés puis traités avant une valorisation comme engrais. Ces procédés sont très bien maîtrisés et utilisés dans de nombreux pays (Suède, Chine, Afrique, Allemagne…).
Dès lors, les eaux usées des habitations ne contiennent plus d’eaux vannes (eaux des toilettes), mais seulement des eaux grises (douche, vaisselle…). Elles sont très faciles à dépolluer. Les systèmes de phytoépuration (filtres plantés de macrophytes) permettent de traiter localement et à moindres coûts ces eaux grises.
Principe des toilettes sèches
Les toilettes sont dites sèches lorsqu’elles permettent, par leur conception et leur fonctionnement, d’éviter une utilisation d’eau pour l’évacuation des excrétas humains.
En France, trop souvent et dans le meilleur des cas, la connaissance des systèmes de toilettes sèches se limite à la seule Toilette à Litière Biomaîtrisée (TLB), système écologiquement pertinent mais rustique, contraignant et nécessitant de multiples précautions d’usage. Le concept de toilettes sèches souffre également d’un parallèle avec les anciennes latrines à fosses utilisées par les générations précédentes, vectrices de mauvaises odeurs et de problèmes sanitaires.
Utilisés à différentes échelles, individuelles ou collectives, dans plusieurs pays, ces toilettes s’adaptent aux contraintes environnementales, économiques ou culturelles locales. Plusieurs dizaines de modèles sont ainsi aujourd’hui identifiés, présentant des différences fondamentales de fonctionnement. L’utilisation de toilettes sèches se fait toujours selon trois mêmes étapes, communes à tous les systèmes : Collecte / Traitement / Valorisation. Les différences sont dues à la sollicitation de mécanismes physico-biochimiques divers, conduisant à l’obtention de produits transformés aux propriétés très variables.
Mieux, et moins cher
Cette gestion plus responsable et moins polluante de l’eau ne justifie plus un recours au sociétés de l’assainissement, soumises à des exigences de qualités de plus en plus dures, nécessitant des investissements toujours plus nombreux avec pour conséquences, une facture de plus en plus importante pour l’usager. Avec une telle approche (moins polluer), l’usager arrive très facilement, avec sa propre installation, à rejeter dans l’environnement une eau de bien meilleure qualité que celle rejetée par les stations d’épurations. Ceci permet enfin de s’opposer à la logique des ressources marchandises (cf.Citoyenneté)